Archive pour la catégorie ‘Dossiers’
Isabelle Parize (Mangas Gaming): « Le droit au pari de 1% représente 25 à 40% du produit net des jeux »
Une nouvelle et féroce compétition débutera ce week-end en marge de la Ligue 1: pour la première année, plusieurs sites de paris en ligne sont autorisés à opérer sur le championnat de France, et le match s’annonce rude pour se répartir les énormes bénéfices attendus, résume l’AFP.
Selon différentes études, les paris sur le football représentent 70% des paris sportifs sur le marché français, un marché évalué à plus d’un milliard d’euros en 2011.
Monopolisé par la Française des Jeux (FDJ) les saisons précédentes, le marché des paris en ligne sur les 380 rencontres de la saison va voir s’affronter sept des douze opérateurs agréés pour les paris sportifs. Le PMU, la FDJ, BetClic, Bwin, Eurosportbet, France Pari et Sajoo ont signé un accord avec la Ligue de football professionnel (LFP) les autorisant désormais à proposer des paris en ligne sur le championnat.
La loi du 12 mai 2010 sur l’ouverture du marché des jeux d’argent en ligne en France a reconnu pour la première fois en Europe le droit de propriété aux organisateurs de compétitions sportives. Du coup, ces sept opérateurs doivent verser 1% des mises aux fédérations concernées.
Une obligation, jugée « complètement confiscatoire » par Isabelle Parize, vice-présidente du groupe Mangas Gaming, dont fait partie BetClic, qui a pourtant signé l’accord avec la LFP. Ce droit au pari de 1% « est très exagéré », affirme à l’AFP Isabelle Parize car il représente, selon elle, de 25 à 40% du produit net des jeux (le bénéfice de l’opérateur, ndlr).
Quant aux parieurs, ils n’auront que l’embarras du choix puisque l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a prévu une soixantaine de paris possibles (avant ou pendant le match), allant du résultat du match, au score à la mi-temps en passant par le nombre des buteurs, la première équipe à marquer, la plus mauvaise défense ou le vainqueur de la compétition. Le PMU propose dès à présent plus de 50 paris différents sur chaque match.
Selon une estimation de BetClic, révélée jeudi et réalisée à partir des paris déjà enregistrés pour la première journée, l’OM cumule déjà 16% des paris, devant l’OL (10%), le PSG (8%), l’AS Saint-Etienne (7%) et l’AJ Auxerre (7%).
BetClic, qui avait attiré, selon un sondage BVA, près de la moitié (49,6 %) des internautes français pendant la Coupe du monde d’Afrique du sud devant le PMU (33 %), souligne par ailleurs que huit parieurs sur dix de BetClic se contentent pour le moment de miser sur le résultat du match (vainqueur, nul, perdant).
Comme lors de la Coupe du monde où 58,5 millions d’euros de chiffre d’affaires ont été enregistrés sur les paris en ligne pour le football (13,5 millions pour le tennis), tant les opérateurs historiques (PMU et DFJ) que les nouveaux entrants comme BetClic ou Bwin font porter leurs efforts sur le ballon rond.
Les opérateurs ont ainsi multiplié les partenariats avec les acteurs du football (Ligue, fédération, clubs) pour s’attirer leurs bonnes grâces et les messages publicitaires dans les quotidiens et les médias audiovisuels pour convaincre les parieurs de rejoindre leur sites.
La manne des opérateurs va se répandre sur les clubs de Ligue 1, d’abord sur l’OL et l’OM. Ainsi BetClic et Everest Poker (groupe Mangas Gaming) ont inscrit leur nom sur les maillots de l’OL (BetClic pour les matchs à Gerland et ceux de coupes d’Europe et Everest Poker pour les matchs à l’extérieur). BetClic figurera sur les maillots de l’OM.
Isabelle Parize s’est refusée à toute précision sur le montant des contrats mais, selon des sources proches des clubs, l’OL devait recevoir 7 millions d’euros par an et l’OM dix millions par an.
Source : AFP
Arjel contre FAI: décision du TGI de Paris en fin de semaine, le vendredi 6 août
Les sept fournisseurs d’accès à Internet (FAI) convoqués par le tribunal de grande instance de Paris le 27 juillet à la demande de l’Arjel seront fixés sur leur sort le 7 août, révèle le JDD (édition imprimée).
L’Arjel demande aux FAI d’interdire aux internautes français l’accès à trois sites de paris illégaux. Pour justifier leur refus, certains FAI ont fait valoir que l’article de la loi sur les jeux en ligne qui les oblige à filtrer n’est pas entré en vigueur. Il manquerait un décret d’application…
Source : Igamagazine
Le New York Times: en matière de jeux d’argent en ligne, « l’Europe montre la voie au monde »
Le New York Times ne s’est pas rendu célèbre en faisant l’éloge de l’économie française… ni européenne. Et pourtant. Une longue enquête publiée par le quotidien de référence hier avait de quoi surprendre, malgré quelques réserves sur le système français.
Pour le quotidien, l’Europe montre en effet l’exemple, une fois n’est pas coutume… Un analyste de H2 Gambling Capital, interrogé sur la dérégulation, en France et dans d’autres pays, explique: « Ils dérégulent un peu, ils aiment ce qui se passe et ils dérégulent plus. Les gouvernements sont plus accros aux taxes que les joueurs aux jeux » (sic).
Tim Phillips, directeur des affaires européennes chez Betfair, plaide pour une harmonisation des législations européennes. Et affirme: « L’industrie des jeux d’argent en ligne est l’une véritables réussites de l’Europe sur le Web. C’est un secteur dans lequel l’Europe montre la voie au monde ».
Source : Iga-magazine
Mondial: des paris pas si juteux, titre Le Monde, qui affirme que le « modèle » français n’est pas bon et ne marche pas
|
Le Monde consacre un article aux « pas si juteux » paris en ligne. Exemple: Le 11 juillet, les opérateurs auront enregistré environ 60 millions d’euros de paris, mais pour un produit net – une fois déduits les gains des parieurs et les taxes – d’environ 3 millions d’euros. Depuis le 10 juin, veille de l’ouverture du Mondial, outre celui de la Française des jeux (FDJ), sept autres sites de paris ont été agréés par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel). Bwin et Betclic exploitent désormais leur savoir-faire dans un cadre légal. Les nouveaux entrants capitalisent sur leur métier de base pour réussir leur diversification: le PMU bénéficie d’une belle base de parieurs hippiques, EurosportBET et Sajoo (Groupe Amaury) d’une affinité naturelle avec le sport, France Pari et le Groupe Iliad (Chilipari) comptent sur leurs membres et abonnés. Et la FDJ peut proposer des cotes aussi attractives que ses concurrents, les règles du jeu, fiscales notamment, étant désormais les mêmes pour tous. Pour ces opérateurs cherchant à recruter de nouveaux parieurs, le Mondial est stratégique. Mais de là à être rentable… Le 11 juillet, ils auront certes enregistré environ 60 millions d’euros de paris, mais pour un produit net – une fois déduits les gains des parieurs et les taxes – d’environ 3 millions d’euros. A comparer aux 21,7 millions d’euros de dépenses publicitaires sur la seule période du 8 au 27 juin, selon Kantar Media. Un bon parcours des Bleus n’y aurait d’ailleurs rien changé: on joue plus pour les gains que pour supporter ses favoris. La nouvelle donne est ressentie de manière contrastée par les parieurs. Les joueurs occasionnels ou débutants sont rassurés par un dispositif qui les protège des fraudes et prend en compte les risques d’addiction. Mais les mordus sont mécontents car, avec un taux de retour aux joueurs plafonné à 85% (contre 90 à 95% avant la loi), leurs profits vont diminuer: contre les Pays-Bas, la victoire du Brésil en quarts de finale était ainsi cotée à 1,75 sur Bwin.fr et à 1,85 sur le site international Bwin.com. Ils regretteront également de n’avoir pu parier sur le test-match de rugby Argentine-France ou d’être sevrés des matches de deuxième division anglaise. Dans sa louable volonté de protéger le sport de la corruption, le régulateur serait-il allé trop loin? Ces formules sont autorisées par ailleurs et la distorsion entre la France et l’étranger est patente. Sur ce même Pays-Bas-Brésil, on trouvait ainsi 39 paris différents sur Bwin.fr contre 326 sur Bwin.com. Car le chemin est étroit pour l’Etat français qui doit trouver le juste équilibre entre une loi protectrice et une offre en ligne suffisamment attractive pour dissuader les « experts » de miser sur des sites illégaux, que les « cyberdouaniers » n’auraient pas réussi à éliminer . La France a ouvert le marché des paris en ligne juste à temps pour le coup d’envoi de la Coupe du monde, un authentique exploit pour l’Arjel, compte tenu des délais. Il lui reste à réussir là où le sport français a trop souvent échoué: transformer une position éthique parfois jalousée, voire raillée, en un modèle universel qui fonctionne! Source: Le Monde |



